UN CHIEN UTILE

Le berger allemand ne se contente pas d’être un chien élégant, majestueux, noble, brillant et attrayant, il veut rester un chien utile. Il ne souhaite pas satisfaire uniquement les esthètes mais de par ses qualités caractérielles, il désire demeurer l’archétype du chien à multiples exploitations.

De nombreux éleveurs s’appliquent en collaboration avec la Société du Chien de Berger Allemand à maintenir l’équilibre entre la progression du type morphologique et l’amélioration du psychisme. Tous ont compris que le berger allemand perdrait sa finalité s’il devenait un beau chien sans être un bon chien.
Le berger allemand est de toutes les races utilitaires le chien le plus polyvalent.
Dans le secteur sportif ne le trouve-t-on pas dans toutes les disciplines (ring, campagne, cavage, pistage, RCI, agility, cross, épreuves d’endurance, etc...) Dans le secteur utilisation pratique, même conclusion, il est présent à tous les niveaux : chien pour non-voyants, pour handicapés, chien de décombres, d’intervention, de déminage, de recherche de drogue, d’avalanche, de recherche humaine, etc...
A cela, il convient de citer des utilisations ponctuelles variées : chien facteur, chien de cirque et de cinéma, chien passeur ou chien contrebandier... D’autres races le concurrencent dans une ou plusieurs disciplines mais aucune ne peut se vanter d’être présente dans toutes les utilisations.
Cette polyvalence, le berger allemand l’obtient grâce à sa faculté de mixer intelligemment réflexes conditionnés dus à l’apprentissage et prédisposition à prendre des initiatives. Il ne se contente pas de bailler de façon inconditionnelle devant son maître en récitant une leçon bien apprise, il est capable d’ouvrir un oeil curieux sur l’extérieur et s’adapter aux circonstances. Cette description n’est-elle pas la définition même de l’intelligence, n’y a-t-il pas quelque chose d’humain dans cette façon de procéder ?
Ce chien a voulu être à l’image de l’homme, aujourd’hui ses aptitudes permettent de penser que la mission est en partie réussie. En partie seulement car ce qui ne progresse pas régresse et l’oeuvre commencée par les anciens doit être poursuivie par les nouveaux passionnés de cette race.

 

L’UTILISATION SPORTIVE DU BERGER ALLEMAND

a) Le Ring
Cette discipline est très ancienne en France. Trois types d’épreuves se succèdent dans le même ordre :
- Les sauts (une escalade de palissade, un saut en longueur par dessus un fossé, un saut en hauteur par dessus une haie).
- Les exercices de dressage (suites au pied du maître, absence du conducteur, rapports d’objets, positions à distance, en avant, refus d’appâts).
- les exercices de mordant (attaques lancées de face, fuyante avec rappel ou avec garde au ferme, fausse attaque, défense du maître, garde d’objets, exploration).
Le règlement de cette discipline a beaucoup évolué ces dernières années pour prendre une orientation vers une forme très stéréotypée mais très pointue au niveau de la finition du dressage. Ce règlement privilégie les réactions par réflexes conditionnés et délaisse les possibilités de prise d’initiative. Il n’en demeure pas moins que le Ring reste la discipline la plus populaire et celle qui sert de référence à bien des utilisateurs car ce règlement met en valeur des qualités très recherchées d’endurance, de courage et de volonté. Très concurrencé dans ce programme, le berger allemand est toujours présent dans les concours en ring et ses performances restent constantes.

 

b) Le R.C.I.
Ce programme est d’inspiration germanique. Equilibré entre trois types d’exercices (dressage, pistage et défense), il se situe comme le ring français dans un système de conditionnement où l’esprit d’initiative n’est pas souhaitable. Par rapport au ring français, il est plus complet puisqu’il fait la place à une épreuve de pistage mais il est moins performant dans bien des secteurs (sauts, oppositions dans les épreuves mordantes, nombre d’exercices limité). Il est par contre comparable au ring français dans la recherche de la perfection.
Plus que tout autre, cette discipline entre dans le registre de l’élevage pour ses qualités de sport canin non traumatisant respectant au maximum la santé, la longévité des chiens et mettant en valeur les sujets exempts de peur, de lymphatisme et de tristesse.

 

c) Le Campagne
A l’origine. considéré comme le prolongement normal du ring, ce programme typiquement français avait été quelque peu délaissé en raison des contraintes liées à son organisation.
Remis à l’honneur par la SCBA à Maubranches en 1958 il attire de nombreux spécialistes.
Ce programme comprend comme le ring des exercices de saut, de dressage et de mordant mais également du pistage et des exercices à l’eau. La principale différence avec le ring est constituée par la notion de variabilité : les parcours tous différents se déroulent dans des milieux naturels, les situations créées par les juges sont très diversifiées. De ce fait, dans ce programme, si les réflexes conditionnés gardent logiquement leurs valeurs dans le psychisme du chien, une grande place est laissée à l’esprit de décision et d’initiative.
Chaque année, la majorité des finalistes du championnat de France appartiennent à la race du berger allemand. Comme dans le ring, les exercices mordants ont la particularité de privilégier l’opposition de l’homme d’attaque, cette caractéristique constitue une spécialité de notre pays par rapport aux programmes de nos voisins européens. Ce programme comme
les deux précédents peut servir de support à une sélection voulant mettre en valeur des qualités de courage, de dynamisme, de gaieté et d’intelligence.

 

d) Le Mondioring
Ce programme est encore au stade des essais mais le fait que les concepteurs de ce programme aient eu la volonté de prendre ce qui est le mieux dans plusieurs programmes européens laissant le superflu inutile doit en faire le programme de l’avenir surtout dans le contexte de la création de l’Europe. Sans vouloir être grand mage, il semble impossible que le berger allemand ne prenne pas une place dans ce programme qui fait appel à des
qualités de courage. de dynamisme et d’esprit d’initiative (quête de l’objet du maître...).

 

e) Le Pistage
Cette discipline fait certes appel aux qualités olfactives du chien mais également à sa faculté de réflexion et d’analyse (notamment en identification et lors de la détection des fausses pistes). Particulièrement brillant sur ce thème, le berger allemand n’est guère inquiété sur ce terrain par d’autres races.
Trois types d’épreuves :
-
Le pistage dit « libre » où le chien piste seul sans être assisté de son maître (catégories A, B, C).
-
Le pistage au trait de limier où le chien est relié à son conducteur par une longe de 10 mètres (PJ, Identification et PF).
-
Le Pistage utilitaire qui s’éloigne volontairement des cas d’école pour créer des situations naturelles proches de la réalité quotidienne.

 

f) L‘Agility
Ce programme nous vient d’outre-Manche. En simplifiant à l’extrême, on peut résumer cette discipline en la comparant aux concours hippiques de saut d’obstacles ramenés à l’échelle du chien. Une bonne obéissance, le plaisir d’être actif, liés à un excellent dynamisme, trois qualités que possède le berger allemand et qui lui permettent de se placer dans l’élite de cette discipline.

 

g) Le Cavage
Ce programme s’appuie sur une très ancienne utilisation du chien : Louis XV s’amusait à rechercher les truffes avec ses chiens sous les arbres du parc de la Muette. Les qualités olfactives du berger allemand en font le chien idéal dans cette discipline qui consiste à retrouver dans un minimum de temps des truffes enfouies sur une surface donnée.

 

h) Les épreuves d’endurance
Ce programme est tout nouveau avec des règles encore floues. Quelle évolution connaîtra ce type d’épreuves sportives ? Un fait est certain : le premier grand trophée (raid des sables) de ce type a été remporté par un berger allemand !

 

i) Autres épreuves
Dans l’avenir, de nouvelles disciplines verront le jour, d’autres se transformeront, évolueront en fonction de paramètres divers, mais une chose est certaine : grâce à sa faculté d’adaptation, grâce à sa volonté de faire plaisir à son maître, le berger allemand sera toujours présent quelle que soit la variabilité des programmes d’utilisation sportifs.

 


 

L’UTILISATION PRATIQUE

a) Le chien guide d’aveugle et le chien pour handicapé
Très concurrencé par des races plus calmes, le berger allemand continue tout de même à tenir un rôle dans ce secteur car en plus des qualités souhaitées pour remplir sa mission (amour du maître, non agressivité envers l’humain ou envers le congénère, calme, absence de peur, pouvoir d’analyse et d’initiative) le berger allemand est demandé par les non-voyants et les handicapés car il apporte un sentiment de sécurité que d’autres races ne fournissent pas.

 

b) Le chien d’intervention
Ce chien est presque l’opposé du précédent. Il doit avoir une prédisposition à l’excitabilité, dynamique, sans peur, il doit démontrer à tout moment mais à l’initiative de son maître qu’il peut être un excellent adjuvant à la répression du banditisme

 

c) Le chien de décombres, de recherche et d’avalanche
Les qualités olfactives associées à l’amour du travail, à l’amour de l’humain et à la faculté de s’adapter à de nouvelles circonstances tant climatiques qu’humaines ont permis au berger allemand de se hisser parmi l’élite des races aptes à pratiquer ces merveilleuses activités.

 

d) Le chien de détection d’explosif et de drogue
Là encore impossible de concevoir de telles missions en l’absence des bergers allemands qui grâce à l’amour de l’apportable, grâce aux qualités longuement énoncées lors des paragraphes précédents s’imposent comme des auxiliaires indispensables de l’homme.

 

e) Le chien familial
Eh oui, lui aussi mérite une place dans l’énumération des applications des nombreuses qualités du berger allemand. Qui peut le plus peut le moins. La sélection judicieuse a permis de créer un chien possédant de nombreuses qualités, mais à quoi serviraient ces aptitudes si le berger allemand ne constituait qu’une bête à concours ou même un chien apte à des tâches précises. Le berger allemand est également le compagnon idéal de l’homme dans la vie de tous les jours. Quels que soient l’âge, le niveau social. les conditions de vie de son maître, le berger allemand s’adaptera et sera le garant de la sécurité du foyer où il se trouve. Il dispensera gaieté, amour, fidélité, il sera le compagnon de jeu des enfants. Il saura être discret quand il le faut et généreux lorsque ses maîtres le sollicitent.